2002

Boîtes à (sur)prise de conscience pour un Québec sans pauvreté

Action publique (avec Devora Neumark), en collaboration et solidarité avec le Collectif pour un Québec sans pauvreté et plusieurs participants (Montréal et Chicoutimi)

La pauvreté à notre seuil

Devora Neumark et moi avions déjà créé, chacune de notre côté, des projets artistiques qui invitaient à une réflexion critique sur les choix faits au Québec et ailleurs quant aux inégalités économiques construites et entretenues socialement. Ces préoccupations communes nous avaient amenées à développer ensemble le programme LEVIER d’Engrenage Noir, axé sur le soutien à des projets d’art communautaire et activiste. En octobre 2002, une occasion s’est présentée pour que nous collaborions sur une même action publique. Le gouvernement québécois tenait alors des audiences publiques sur le projet de loi 112, Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Bien que cette loi ait été déposée à l’Assemblée nationale du Québec au moment de la conception du projet des Boîtes à (sur)prise de conscience, il restait cependant à mettre en place des mesures concrètes pour son application. La tenue de ces audiences publiques était donc une occasion de consolider cette loi en lui apportant des améliorations substantielles pour lui donner plus de contenu, de mordant et d’impact. C’était en même temps que se tenait l’Agora pour un Québec sans pauvreté auquel je participais avec le collectif Cagibi International.

En collaboration avec le Collectif pour un Québec sans pauvreté qui, à la suite d’une vaste mobilisation populaire, avait eu l’initiative de proposer cette loi, nous avons élaboré une stratégie pour attirer plus d’attention médiatique sur ces audiences publiques. En effet, ce moment important de l’histoire collective du Québec n’obtenait pas ou peu de temps d’antenne. Devora eut l’idée de déposer sur le seuil de maisons privées un objet qui amènerait l’enjeu de la pauvreté aux portes mêmes des citoyenNEs de divers quartiers de Montréal et d’ailleurs. Nous avons convenu d’opter pour d’attirantes boîtes-cadeaux de carton de belle dimension (12 × 12 × 6 pouces) et ornées de chatoyants choux aux couleurs variées. Les quatre cinquièmes des 5 000 boîtes distribuées étaient de couleur argent, et l’autre cinquième de couleur cuivre en référence aux couleurs de la monnaie, dont la plus petite unité, la pièce de 1 cent, est de couleur cuivrée ; et pour symboliser le fait que le cinquième de la population québécoise vit en situation de pauvreté.