1999

L'heure du loup a sonné

Environnement (incluant un texte de fiction), Centre d’exposition du Vieux-Palais, Saint-Jérôme; et volet extérieur- intervention avec le public, Parc Labelle, Saint-Jérôme

Un antre chaud pour une histoire sombre

Le troisième d’une série de quatre – volet intérieur

Bien que de conception semblable aux deux projets précédents, L’heure du loup a sonné avait la particularité de consister en deux volets. Une partie fut présentée à l’intérieur du Centre d’exposition du Vieux-Palais à Saint-Jérôme. Dans ce contexte, je suis revenue à une dispositif fermé dans lequel le public était totalement immergé – même le plafond était recouvert. Antre meublé et drapé de rouge rassemblant dans une nouvelle composition des éléments des projets précédents,

Afin d’inscrire le projet dans son lieu de présentation, j’ai encore une fois créé une fiction inspirée de l’histoire de la ville ainsi que de légendes locales. Dans ce récit mêlant lieu réels et imaginaires, temps présent et passé, on pouvait suivre les personnages d’Exérina et de son arrière-petite-fille Exérina-Malvina au fil d’une histoire de meurtre, de loups-garous, de monde souterrain… Ce texte, dans lequel les loups-garous incarnent une force occulte bienfaisante, invitait à retenir un enseignement des expériences passées, d’où l’idée de la transmission de génération en génération.

Ce texte de fiction était divisé en dix épisodes, présentés dans autant de livres dispersés dans l’environnement. Chaque épisode était accompagné d’une photographie de l’une ou l’autre femme du récit (incarnée par Julie Bérubé), elle-mêmes louve, à la toison noire et poilue, revêtu de costumes avec fourrure, parfois une poule noire à l’épaule, ou enveloppée de tissu rouge, et captée à divers moments du récit. On pouvait y repérer des éléments importants de l’intrigue, dont un coffret, des branches rouges, un miroir, de l’eau… Ces photographies résultaient de mises en scène dans la ville de Saint-Jérôme, devenue un fantastique terrain de jeu où faire vivre la fiction de L’heure du loup a sonné!. J’ai ainsi encore une fois ramené à l’intérieur du lieu d’exposition des actions s’étant déroulé au préalable à l’extérieur. Au lieu d’un déroulement dans le temps, comme pour Il fait un temps de loup rouge, toute l’histoire était donnée dans son ensemble, comme une sorte de compte-rendu ou de reportage poétique, et les photos présentées à la façon d’une galerie de portraits dans cet univers suggestif. L’ancrage urbain était cependant mis en évidence par l’identification des lieux à travers Saint-Jérôme où avaient été prises les photographies. [Sauf l’avant-dernière, prévue pour être prise à la noirceur… Je fus rattrapée par une réalité traumatisante: la découverte dans un boisé de la tête d’une victime dont le reste du corps en putréfaction avait été découvert dans un appartement du centre-ville. Ce meurtre sordide faisait alors la manchette. Je changeai le lieu de cette mise en scène pour un autre, plus rassurant également pour la personne photographiée…] 

Des copies papier du texte étaient disponibles pour le public. Lors du vernissage, je fis la lecture d’une partie du dernier épisode, avec l’intervention musicale de Paul Grégoire.