1996

Suivez la Québécoise dans ses aventures en terre américaine

Intervention au Performance Festival, organisé par le réseau Performance Art Network, à Aizu Art College à Kitakata, et au Mixed Media Art Communications, à Tokyo (Japon)

Le réseau Performance Art Network (PAN) regroupait des artistes et des organisations présentant des événements de performance à travers le monde et s’était donné pour mission de contribuer à développer et diffuser cette pratique artistique. N’ayant pu me déplacer au Japon afin de répondre à l’invitation de Jocelyn Fiset, l’organisateur québécois du PAN, j’ai participé en présentant une oeuvre compacte et nomade consistant en un mini-théâtre à l’intérieur d’un petit cubicule.

Réalisant que le public japonais ne semblait pas savoir que le Québec constituait une entité à part au Canada, ce projet fut une modeste tentative pour expliquer de façon imaginaire notre situation particulière en Amérique du Nord. Suivez la Québécoise consistait en la projection d’une série de 40 diapositives (textes et images) sur l’écran du fond du cubicule, reflétées sur un bassin d’eau et sur des miroirs fixés sur les côtés. Ce récit succinct relatait les déplacements courageux du personnage de La Québécoise dans un monde onirique constitué de grands espaces, de fragments d’architecture et de scènes théâtrales imaginaires. Ce personnage à la cape rouge, aux allures de Chaperon rouge de la forêt québécoise, était accompagné d’un loup, devenu son compagnon et complice. Pour la première fois, mais non la dernière, j’ai fait appel à la symbolique du loup, ici comme une sorte de pied de nez à sa représentation habituelle dans les contes et comme un symbole de force de résistance. J’étais touchée à ce moment-là par une de ses facettes: l’exclus pourchassé. Dès les débuts de la colonisation, aux États-Unis surtout mais également au Canada par la suite, une haine implacable des loups mena à une période folie furieuse de génocide de cette espèce animale.

Affirmer son identité en territoire imaginaire

Les images projetées consistaient en photographies de mises en scène dans lesquelles était accentuée une forme de somptuosité des éléments architecturaux et accessoires divers qui meublaient les lieux traversés, notamment la traditionnelle cabane en bois rond dont le fini métallique transformait sa rusticité. De même, je commençais à donner une noblesse à ce tissu emblématique québécois qu’est le carreauté rouge et noir.

Une façon de marquer une différence… pendant qu’il en était encore possible. Une différence qui avait tendance à fondre rapidement.

ARTICLE

Johanne Chagnon, quant à elle, proposait aux Japonais une fenêtre sur notre peuple, un petit théâtre de l’identité québécoise. Une installation en kit à monter soi-même. Les rideaux de scène faits de tissu carroté rouge traditionnel s’ouvrent sur une scène dont le plancher est nappé d’une fine couche d’eau dans laquelle se reflètent des images projetées de l’arrière sur un mur transparent qui sert d’écran à diapositives. Ainsi flotte, fragile et mouvante, la réalité de notre identité qui risque toujours de fuir, de couler dans la mer américaine.

Jocelyn Fiset

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