1999

Les aventures de Tite-Pichenotte et de son loup gardien en territoire japonais

Intervention publique et tableau de bord intérieur, Galerie Space 21 et alentours du Théâtre X (Tokyo); et intervention extérieure au Aizu Art College, Mishima (Japon) dans le cadre du festival Mixed Media Art Communications

Pour cette deuxième participation à un projet en territoire japonais, à l’invitation encore une fois du partenaire japonais du réseau international PAN (Performance Art Network), j’ai repris le personnage Tite-Pichenotte, femme québécoise en errance, accompagnée de son loup sorti de la légende, réhabilité et fier complice de ses actions envers les pouvoirs financiers occultes qui gouvernent le monde (rien de moins!). Cette participation s’est tenue à deux endroits.

Tokyo, la mégalopole propre

J’ai d’abord mis en place une installation dans la galerie à Tokyo qui servait de centre névralgique du festival et où étaient présentées des performances et des conférences. Ce dispositif s’apparentait à celui des projets précédents, mais adapté en fonction de l’espace alloué et du nombre d’éléments qu’il m’était possible de mettre dans mes valises – dont une poule noire et de la fourrure – auxquels j’ai ajouté une paroi en bambou dénichée sur place. Puis, fidèle à ma façon de procéder, j’ai arpenté une partie de la ville pendant la durée du festival, non loin de l’espace de la galerie ainsi qu’à l’entrée de l’espace-théâtre où étaient présentées trois soirées de performances. À l’affût de facettes secrètes, j’ai pris des photographies de mon loup-compagnon, entouré d’un halo rouge distinctif, que j’accompagnais, endossant un des costumes de Tite-Pichenotte. Les photos réalisées, développées par un commerce local, étaient ensuite présentées au fur et à mesure dans l’espace de la galerie. Lors d’une présentation de mon travail pendant l’événement, j’ai eu l’occasion de mettre de l’avant certaines différences culturelles et d’essayer d’expliquer du mieux possible au public japonais ce que représentaient mon personnage principal et son loup!

Il fut déterminant de transposer la quête de Tite-Pichenotte dans un autre contexte, celui d’une mégalopole moderne, telle une machine bien propre. Le contraste frappant entre une architecture d’entreprises épurée et une présence animale qui se faufile dans ce paysage froid a fait en sorte d’insuffler un caractère particulier au concept de «poil dans l’engrenage» que j’ai commencé à développer au Japon et auquel j’ai eu souvent recours par la suite. Comme une façon d’enrayer à ma manière le système économique dominant qui crée tant d’inégalités.

Loup et poule noire - pour conjurer le mauvais sort mondial

Mishima et la vaste nature à parcourir

Le périple de Tite-Pichenotte s’est poursuivi à Mishima, à l’extérieur de Tokyo, là où se tenait la deuxième partie du festival. Dans un contexte rural cette fois, j’ai créé une installation extérieure avec les accessoires dont je disposais auxquels j’ai joint des éléments trouvé sur place, dont un arbre desséché et des fagots de branches mortes – comme une sorte de sculpture incantatoire afin de conjurer le mauvais sort que je sentais planer sur le monde. J’ai également sillonné la nature environnante et photographié Tite-Pichenotte et son loup poursuivant leur récit fictif dans la forêt. Cette fois, dans cet univers qui lui était familier, c’était le loup, avide d’explorer un territoire sauvage nouveau, qui guidait sa complice vers les profondeurs de sa nature instinctive agissante. Un rouleau de pellicule, suspendu sur un panneau de l’installation, faisait le lien avec cette activité photographique parallèle.

Pour la suite des choses

Ma participation à ce festival m’a permis de me rapprocher de la pratique de la performance (ce que je ne faisais pas encore à l’époque), ma présence lors de cet événement étant plutôt de l’ordre de l’installation et de l’intervention urbaine. Le contexte différent du Japon, et de la ville de Tokyo en particulier – moderne telle une machine bien propre – a insufflé un caractère particulier au concept de «poil dans l’engrenage» que j’ai beaucoup développé par la suite. Ce fut d’ailleurs au Japon que j’ai utilisé ce concept pour la première fois. J’ai pu également transposé dans ce contexte bien différent le travail que je menais à ce moment à partir d’éléments puisés dans certains contes québécois.

C’était la première fois que je participais à un événement à l’étranger et rencontrais des artistes d’autres pays – ce que j’ai fait plus régulièrement par la suite. L’occasion d’entrer en contact avec ce regroupement d’artistes m’a amenée par la suite à participer à un autre festival, cette fois à Paris, organisé au sein du même réseau (le Performance/Performing Art Network) – voir plus loin.

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